Plus que 100 jours

juillet 25, 2010 by Anne Sinclair  
Filed under Tranches de vie

Après une semaine en demi-teinte, entre promulgation finale de la loi de Wall Street et affaire Shirley Sherrod, Obama a profité de ce week-end pour s’adresser à ses électeurs, avec verve mais aussi non sans une certaine nostalgie.

Vendredi déjà, Barack Obama s’etait adressé, par vidéo, aux libéraux (la gauche du Parti démocrate, je précise toujours pour les Français) réunis en congrès à Las Vegas, pour leur demander, une fois encore, de le soutenir ses batailles et projets législatifs.
Et si le président a admis comprendre la frustration des élus libéraux et de leurs électeurs, il s’est justement servi des accusations de lenteur des uns et des regrets des autres pour les exhorter à monter au front, à côté des Démocrates,  dans la bataille électorale à venir : "(Certes) le changement (promis) ne vient pas assez vite. (…) Changer est difficile mais si nous devons retenir quelque chose de ces derniers 18 mois,  c’est que le changement est possible. Finissons donc ce que nous avons commencé."
("Change hasn't come fast enough. (…) Change is hard, but if we've learned anything these past 18 months, it's that change is possible. Let's finish what we've started.")

Puis, ce fut au tour de Nancy Pelosi, tête de file des démocrates à la Chambre, et d’Harry Reid, son pendant au Sénat, de prendre le relai. Et tandis que la première appelait à l’unité au Congrès, en revenant sur les votes de la réforme de l’assurance-maladie et de la réforme de la régulation financière ; le chef des démocrates au sénat, lui, encourageait les libéraux à resserrer les rangs, en agitant la menace d’un Congrès républicain : "Tous ces progrès n’auraient pu être réalisés avec un congrès républicain. Comprenez bien ce qui est en jeu lorsque que nous irons voter dans 100 jours"

Après ses camarades politiques, c’est aux citoyens américains que Barack Obama s’est adressé samedi matin – sur le même ton.
Ainsi a-t-il profité de son allocution hebdomadaire pour dresser le bilan des progrès accomplis mais aussi de ceux qui restent à faire, avec la même nostalgie du changement promis et des changements restant à accomplir. ("Je sais que les progrès que nous avons faits jusqu’ici ne sont pas suffisants pour des millions d’Américains qui continuent à lutter quotidiennement pour trouver du travail ou payer leurs factures". ("I know that the progress we’ve made isn’t good enough for the millions of Americans who are still out of work or struggling to pay the bills.)

Et c’est avec la même conclusion, celle du portrait d’un Congrès à majorité républicaine redouté et à éviter, qu’Obama a terminé son discours, expliquant que le plan de l’opposition, si elle contrôlait le Congrès, serait "un, d’abroger la réforme de l’assurance-maladie, (…) deux, de stopper le programme d’investissement pour l’énergie verte. (…) Et trois, parce que ce parti a voté contre la réduction d’impôts pour les familles moyennes, il préserverait, au contraire, les réductions fiscales pour les Américains les plus riches, une pratique qui a creusé notre déficit de centaines de millions de dollars."

la vidéo hebdo d'Obama

Dix-huit mois après son arrivée au pouvoir et 100 jours avant des élections qui pourraient renverser sa majorité déjà bien fragile, Barack Obama a décidé de faire son propre bilan pour mieux sonner le ralliement auprès de ses alliés comme de ses électeurs.

Et au vu des derniers sondages qui donnent toujours la Chambre, voire peut-être même le Sénat, aux Républicains, nul doute que les Démocrates ont au moins besoin de ces 100 jours pour convaincre, et convaincre encore une opinion sceptique, désabusée quand elle n'est pas hostile.

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