La gouverneure de l’Arizona a-t-elle toute sa tête ?
septembre 6, 2010 by Corine
Filed under Tranches de vie
La gouverneure de l’Arizona, Jan Brewer, a vécu un grand moment de solitude mercredi lors du premier débat télévisé l’opposant au démocrate, Terry Goddard.
Invitée par l’animateur à présenter son programme, la candidate républicaine s’est emmêlé les pinceaux. Résultat : un blanc interminable (16 secondes !) entrecoupé de rires gênés.
- “It was the longest 16 seconds of my life. But I’m human, I’m human”, s’est-elle défendue.
Jan Brewer n’était pourtant pas au bout de son calvaire.
Priée par Terry Goddard d’admettre que l’on n’a jamais retrouvé de personnes décapitées dans le désert d’Arizona, contrairement à ce qu’elle avait affirmé sur plusieurs plateaux de télévision pour justifier sa loi sur l’immigration , elle s’en est sortie en éludant tout bonnement la question. L’incongruité du dialogue mérite d’être retranscrite en VO :
- Terry Goddard : “I call upon you today to say there are no beheadings. That was a false statement and it needs to be cleared up, right now.” “Those are false statements that cause people to think Arizona is a dangerous place and they don’t come here and invest because our governor has said such negative things about this state.”
- Jan Brewer : “You know Terry, I will call you out. I think you should renounce your support and endorsement of the unions that are boycotting our state and are trying to drive our economy into the ground.”
Vendredi, elle a admis son “erreur“. Mais expliqué qu’elle était préoccupée par la guerre des gangs qui se poursuit au Mexique.
- “I misspoke, but you know, let me be clear, I am concerned about the border region because it continues to be reported in Mexico that there’s a lot of violence going on and we don’t want that going into Arizona.”
Un rapport du FBI, datant d’avril, montre que les taux de criminalité dans les États frontaliers sont plus bas qu’il y a dix ans, et ce, malgré la croissance démographique.
La frontière “n’a jamais été aussi sûre“, selon le shérif du comté de Pima, Clarence Dupnik.
- “I hear politicians on TV saying the border has gotten worse. Well, the fact of the matter is that the border has never been more secure.”
Jules Giraudat
Du discours et de sa réalité
septembre 3, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
La première semaine de rentrée de Barack Obama a été intense et discutée. Si sur l’agenda, les événements annoncés par le Président faisaient figure de bonnes nouvelles, dans les faits, ces annonces ont très vite déclenché critiques et interrogations.
Ainsi en est-il de la fin de la guerre en Irak dont l’annonce officielle mardi soir suscite encore bien des divisions dans les medias, comme parmi la classe politique.
La Maison Blanche avait pourtant tout mis en oeuvre pour marquer "le tournant historique" que représente la fin de l’"Opération Liberté" (Operation Freedom) et rappeler l’engagement de celui qui, sept ans plus tôt, avait été un des rares élus américains à s’y opposer.
Le matin, BO s’était rendu à Fort Hood (Texas), auprès des vétérans et des soldats d’Irak, pour les remercier et les rassurer sur leur retour au pays :"Je veux saisir cette occasion pour dire merci à tous les hommes et femmes qui ont servi en Irak et qui sont en train d'y servir. Votre engagement, votre bravoure, votre courage, ont rendu les Etats-Unis plus sûrs et ont aidé à ériger la démocratie en Irak".
Le soir, Obama avait tenu à s’adresser à la nation, pour la deuxième fois depuis le Bureau Ovale, et là où W. Bush avait annoncé l’entrée en guerre des Etats-Unis. Mais s’il a expliqué, très solennellement, qu’une "page de l’histoire américaine et irakienne venait de se tourner" ; s’il a répété son engagement pour le futur de l’Irak, promettant au peuple irakien "un partenariat politique et économique sur le long terme, basé sur les intérêts et le respect mutuels entre les deux pays" ; s’il a rappelé les "énormes sacrifices consentis par l’Amérique pour mettre le futur de l’Irak entre les mains de son peuple" ; on ne pouvait que remarquer qu’il manquait quelque chose à Barack Obama ce soir là.
Et c’est bien là tout le problème : comment en effet célébrer une victoire qui n’en est pas vraiment une ? comment annoncer la fin d’une guerre alors que, au-delà même des 50.000 hommes toujours en poste sur le terrain, les combats continuent et la violence frappe civils et militaires, irakiens et internationaux quotidiennement ?
D’ailleurs, les Républicains se sont vite empressés de crier à la manipulation électorale, déclarant que la fin de la guerre n’était pas une promesse de campagne de 2008 mais un engagement pris par W. en 2007. Mais les Démocrates n’en avaient pas besoin pour ressentir le poids de l’héritage Bush peser péniblement sur les épaules de leur Président, au visage non pas victorieux mais fermé et grave.
La vidéo du discours de mardi : The End of the Combat Mission in Iraq
http://www.whitehouse.gov/photos-and-video/video/2010/08/31/end-combat-mission-iraq
Et c’est ce même paradoxe entre l’annonce sur le papier et la réalité des faits qu’on a pu retrouver hier, lorsque Barack Obama a déclaré, avec la même solennité, que les négociations entre Israéliens et Palestiniens allaient enfin reprendre, la rencontre organisée à Washington entre Benymamin Netanyahou et Mahmoud Abbas marquant "premières discussions directes entre les deux pays depuis vingt mois".
Et BO d’annoncer que les deux leaders, avec l’aide des Américains dans le rôle du facilitateur, se sont donnés un an pour résoudre "leurs principaux désaccords", suivant un calendrier précis de pourparlers qui s’ouvrira les 14 et 15 septembre à Charm El-Cheikh, en Egypte.
Si bien que, encore une fois, ce matin, médias et experts s’interrogeaient sur ce décalage entre l'évidence de l’annonce et la complexité de la réalité. Ce matin, le New York Times se faisait l’écho des nombreux observateurs qui, aux Etats-Unis comme au Proche Orient, ne cachaient pas leurs doutes et déclaraient les objectifs du président américain "beaucoup trop ambitieux", voire irréalistes.
cf. NYT ce matin, Experts fear Middle East talks are too ambitious
http://www.nytimes.com/2010/09/03/world/middleeast/03israel.html
Depuis hier soir, c’est un débat qu’on avait déjà connu pendant la campagne et en début de présidence qui est reparti de plus belle, les uns critiquant l’inexpérience et la naïveté de Barack Obama, les autres défendant ce choix d’une politique étrangère centrée sur l’engagement et de la diplomatie.
Une chose est sûre : les pages qu’on tourne ne sont pas toujours à l’image du titre annoncé…
Du discours et de sa réalité
septembre 3, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
La première semaine de rentrée de Barack Obama a été intense et discutée. Si sur l’agenda, les événements annoncés par le Président faisaient figure de bonnes nouvelles, dans les faits, ces annonces ont très vite déclenché critiques et interrogations.
Ainsi en est-il de la fin de la guerre en Irak dont l’annonce officielle mardi soir suscite encore bien des divisions dans les medias, comme parmi la classe politique.
La Maison Blanche avait pourtant tout mis en oeuvre pour marquer "le tournant historique" que représente la fin de l’"Opération Liberté" (Operation Freedom) et rappeler l’engagement de celui qui, sept ans plus tôt, avait été un des rares élus américains à s’y opposer.
Le matin, BO s’était rendu à Fort Hood (Texas), auprès des vétérans et des soldats d’Irak, pour les remercier et les rassurer sur leur retour au pays :"Je veux saisir cette occasion pour dire merci à tous les hommes et femmes qui ont servi en Irak et qui sont en train d'y servir. Votre engagement, votre bravoure, votre courage, ont rendu les Etats-Unis plus sûrs et ont aidé à ériger la démocratie en Irak".
Le soir, Obama avait tenu à s’adresser à la nation, pour la deuxième fois depuis le Bureau Ovale, et là où W. Bush avait annoncé l’entrée en guerre des Etats-Unis. Mais s’il a expliqué, très solennellement, qu’une "page de l’histoire américaine et irakienne venait de se tourner" ; s’il a répété son engagement pour le futur de l’Irak, promettant au peuple irakien "un partenariat politique et économique sur le long terme, basé sur les intérêts et le respect mutuels entre les deux pays" ; s’il a rappelé les "énormes sacrifices consentis par l’Amérique pour mettre le futur de l’Irak entre les mains de son peuple" ; on ne pouvait que remarquer qu’il manquait quelque chose à Barack Obama ce soir là.
Et c’est bien là tout le problème : comment en effet célébrer une victoire qui n’en est pas vraiment une ? comment annoncer la fin d’une guerre alors que, au-delà même des 50.000 hommes toujours en poste sur le terrain, les combats continuent et la violence frappe civils et militaires, irakiens et internationaux quotidiennement ?
D’ailleurs, les Républicains se sont vite empressés de crier à la manipulation électorale, déclarant que la fin de la guerre n’était pas une promesse de campagne de 2008 mais un engagement pris par W. en 2007. Mais les Démocrates n’en avaient pas besoin pour ressentir le poids de l’héritage Bush peser péniblement sur les épaules de leur Président, au visage non pas victorieux mais fermé et grave.
La vidéo du discours de mardi : The End of the Combat Mission in Iraq
http://www.whitehouse.gov/photos-and-video/video/2010/08/31/end-combat-mission-iraq
Et c’est ce même paradoxe entre l’annonce sur le papier et la réalité des faits qu’on a pu retrouver hier, lorsque Barack Obama a déclaré, avec la même solennité, que les négociations entre Israéliens et Palestiniens allaient enfin reprendre, la rencontre organisée à Washington entre Benymamin Netanyahou et Mahmoud Abbas marquant "premières discussions directes entre les deux pays depuis vingt mois".
Et BO d’annoncer que les deux leaders, avec l’aide des Américains dans le rôle du facilitateur, se sont donnés un an pour résoudre "leurs principaux désaccords", suivant un calendrier précis de pourparlers qui s’ouvrira les 14 et 15 septembre à Charm El-Cheikh, en Egypte.
Si bien que, encore une fois, ce matin, médias et experts s’interrogeaient sur ce décalage entre l'évidence de l’annonce et la complexité de la réalité. Ce matin, le New York Times se faisait l’écho des nombreux observateurs qui, aux Etats-Unis comme au Proche Orient, ne cachaient pas leurs doutes et déclaraient les objectifs du président américain "beaucoup trop ambitieux", voire irréalistes.
cf. NYT ce matin, Experts fear Middle East talks are too ambitious
http://www.nytimes.com/2010/09/03/world/middleeast/03israel.html
Depuis hier soir, c’est un débat qu’on avait déjà connu pendant la campagne et en début de présidence qui est reparti de plus belle, les uns critiquant l’inexpérience et la naïveté de Barack Obama, les autres défendant ce choix d’une politique étrangère centrée sur l’engagement et de la diplomatie.
Une chose est sûre : les pages qu’on tourne ne sont pas toujours à l’image du titre annoncé…
L’ambassadeur afghan rappelé à Kaboul
septembre 1, 2010 by Corine
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Un œil occidental ne voit dans ces photos qu’une fête entre « gens comme il faut » dans une villa cossue. Ces clichés parus dans la presse afghane ont pourtant créé le scandale à Kaboul.

On y aperçoit notamment le fils de l’ambassadeur Said T. Jawad dansant avec une femme aux bras dénudés, et Richard Holbrooke, représentant spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan, tenant un verre de liquide jaune à la main lors d’une célébration donnée à l’Ambassade afghane à Washington.

Objet du tapage : Cette fête aurait été prétendument donnée en plein ramadan.
En poste depuis 2003 dans la capitale américaine, Said Jawad a été prié par son gouvernement de faire ses valises.
Il quittera son poste le 21 septembre.
De nombreux députés afghans sont montés au créneau pour réclamer son renvoi auprès du président Karzaï.
« M. l’Ambassadeur, vous dansez avec du vin et des femmes quand le peuple afghan danse dans le sang et les inondations », s’est insurgé le député Abdul Sattar Khawasi.
Said Jawad s’est dit victime d’« une campagne de diffamation. »
« Il n’y a jamais eu de fête durant le ramadan. Ces photos sont soit trafiquées, soit volées d’un album privé. »
Mais à Kaboul, le député a répondu que « ramadan ou pas, cet étalage est contre les valeurs et la culture afghanes. »
D’ailleurs, aucune Afghane “ne porterait une robe pareille en
Afghanistan”.
Jules Giraudat
C’est aussi la rentrée pour Obama
septembre 1, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
Dimanche, c’est un Barack Obama au sourire encore détendu et reposé qui était de retour à la Maison Blanche. Pourtant, entre la fin de la guerre en Irak et le renfort des troupes en Afghanistan, la reprise des pourparlers entre Israel et l’Autorité palestinienne, les élections de mi-mandat en novembre et le calendrier des réformes, la rentrée s’annonce sous haute pression.
Avant de rentrer, les Obama s’étaient rendus à la Nouvelle-Orléans dimanche pour commémorer le cinquième anniversaire du passage de Katrina, cet ouragan qui avait tout ravagé sur son passage, détruit des quartiers entiers de la ville et fait plus de 1.800 morts.
D’un ton sobre, Barack Obama a évoqué ces images de désolation, de ville-fantôme que tous les Américains avaient découvertes, en direct à la télévision.
Il s’est aussi félicité de la vigueur avec laquelle les habitants avaient reconstruit leur ville, redonné vie à leurs quartiers et a salué tous les efforts et les progrès accomplis en cinq ans : "la Nouvelle-Orléans aurait pu devenir le symbole de la destruction et du chaos, le symbole d’un ouragan sans précédent, (mais aussi le symbole) de la mauvaise gestion et des conséquences qui ont suivi cette réponse inadaptée. (…)
Mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Ce n’est pas ce qui s’est produit ici, à la Nouvelle-Orléans, ni dans le golfe du Mexique. Au contraire, cette ville est devenu le symbole du courage et de l’endurance, le symbole de la solidarité de toute une communauté (mais aussi) le symbole de la responsabilité fondamentale que nous devons avoir les uns envers les autres".
Et comme Barack Obama sait fort bien à quel point la ville et ses habitants restent traumatisés par les catastrophes naturelles en série qui s’abattent sur le Golfe du Mexique, il a tenu à réaffirmer l’engagement de son entière administration – et ce autant pour les reconstructions qui continuent que pour la restauration des côtes ravagées par la marée noire de BP : "Si d’immenses changements et reconstructions ont été réalisés, j’ai voulu venir ici, pour ce cinquième anniversaire, afin de vous dire de vive voix que mon administration était à vos côtés et allait le rester. Nous nous battrons à vos côtés et nous continuerons jusqu’à ce que tout soit terminé".
Hier 31 août, c'était la fin officielle de l'engagement américain dans la guerre en Irak et le Président s'est adressé à la Nation.
Aujourd'hui c'est, avec la réception de Benyamin Netanyaou et de Mahmoud Abbas, le début des rencontres et une amorce de discussion sur d'éventuels plans de paix - dont l'Europe, remarquons-le, est (ou s'est?)exclue.
Et puis on attend le plus violent ouragan depuis 20 ans qui se rapproche dangereusement des côtes américaines, et cette fois il pourrait sévir de la Caroline du sud jusqu'au Cap Cod !
C’est aussi la rentrée pour Obama
septembre 1, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
Dimanche, c’est un Barack Obama au sourire encore détendu et reposé qui était de retour à la Maison Blanche. Pourtant, entre la fin de la guerre en Irak et le renfort des troupes en Afghanistan, la reprise des pourparlers entre Israel et l’Autorité palestinienne, les élections de mi-mandat en novembre et le calendrier des réformes, la rentrée s’annonce sous haute pression.
Avant de rentrer, les Obama s’étaient rendus à la Nouvelle-Orléans dimanche pour commémorer le cinquième anniversaire du passage de Katrina, cet ouragan qui avait tout ravagé sur son passage, détruit des quartiers entiers de la ville et fait plus de 1.800 morts.
D’un ton sobre, Barack Obama a évoqué ces images de désolation, de ville-fantôme que tous les Américains avaient découvertes, en direct à la télévision.
Il s’est aussi félicité de la vigueur avec laquelle les habitants avaient reconstruit leur ville, redonné vie à leurs quartiers et a salué tous les efforts et les progrès accomplis en cinq ans : "la Nouvelle-Orléans aurait pu devenir le symbole de la destruction et du chaos, le symbole d’un ouragan sans précédent, (mais aussi le symbole) de la mauvaise gestion et des conséquences qui ont suivi cette réponse inadaptée. (…)
Mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Ce n’est pas ce qui s’est produit ici, à la Nouvelle-Orléans, ni dans le golfe du Mexique. Au contraire, cette ville est devenu le symbole du courage et de l’endurance, le symbole de la solidarité de toute une communauté (mais aussi) le symbole de la responsabilité fondamentale que nous devons avoir les uns envers les autres".
Et comme Barack Obama sait fort bien à quel point la ville et ses habitants restent traumatisés par les catastrophes naturelles en série qui s’abattent sur le Golfe du Mexique, il a tenu à réaffirmer l’engagement de son entière administration – et ce autant pour les reconstructions qui continuent que pour la restauration des côtes ravagées par la marée noire de BP : "Si d’immenses changements et reconstructions ont été réalisés, j’ai voulu venir ici, pour ce cinquième anniversaire, afin de vous dire de vive voix que mon administration était à vos côtés et allait le rester. Nous nous battrons à vos côtés et nous continuerons jusqu’à ce que tout soit terminé".
Hier 31 août, c'était la fin officielle de l'engagement américain dans la guerre en Irak et le Président s'est adressé à la Nation.
Aujourd'hui c'est, avec la réception de Benyamin Netanyaou et de Mahmoud Abbas, le début des rencontres et une amorce de discussion sur d'éventuels plans de paix - dont l'Europe, remarquons-le, est (ou s'est?)exclue.
Et puis on attend le plus violent ouragan depuis 20 ans qui se rapproche dangereusement des côtes américaines, et cette fois il pourrait sévir de la Caroline du sud jusqu'au Cap Cod !
In memoriam: Roy, interprète irakien
août 31, 2010 by Corine
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Un témoignage déchirant, qui se termine par la mort du héros. Presque déjà un scénario de film.
Le Washington Post a publié dimanche l’histoire de “Roy”, un adolescent irakien, engagé à 12 ans avec les forces américaines après avoir vu son école prise d’assaut par Al Qaida et deux camarades décapités.
Le témoignage est d’autant plus bouleversant qu’il est raconté par le soldat Blake Hall, qui commandait l’unité. Quand il est parti, en 2008, il a laissé Roy. Pour être admis aux Etats-Unis, l’interprète devait avoir travaillé un an avec les forces américaines. Il n’y en avait plus que pour trois mois.
Le soldat remplissait les formulaires de demande de visa à Chicago quand il a été averti d’une explosion dans une maison abandonnée quelquepart dans la province de Dyala.
Blake Hall espère que Roy n’a “pas eu le temps d’avoir peur”.
- “I hope it was quick. I hope that the 55-gallon drums filled with explosives that surrounded the abandoned house in Diyala province made the end a bright white light and then peace.
I hope he didn’t have time to be scared“.
Folie ou folklore ?
août 29, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
Samedi, dans les rues de Washington, il y avait les inconditionnels de Glenn Beck, le commentateur le plus polémique de Fox News et l’organisateur de ce "rally citoyen", comme il l’appelle. Il y avait aussi des républicains conservateurs, surtout ultra-conservateurs, des membres du Tea Party, des familles venues exprimer leur déception ou leur mécontentent, arborant des T-shirts aux slogans sans équivoque. ("Rendez-nous l’Amérique", "Défendons nos valeurs" ou le très officiel "Restaurons l’honneur (de l’Amérique)"
Tous avaient répondu à l’appel lancé par ce très populaire Glenn Beck, animateur de son métier, qui, depuis un an, s’est démené pour organiser ce rassemblement, à sa manière et à son image… Il reste que, du côté de ses partisans comme de celui de ses détracteurs, on avait un peu de mal à définir la nature et les enjeux de cette "marche pour restaurer l’Amérique".
Video d'ABC qui résume bien la journée
Mêlant appel historique et populisme, revendications politiques et religieuses, Glenn Beck est arrivé, sur les marches du Lincoln Memorial, les bras levés vers le ciel, drapé de solennel et de ridicule, déclarant devant ses supporters venus en nombre, que "quelque chose qui dépasse l'imagination humaine est en train de se produire. Aujourd'hui, l'Amérique commence à revenir vers Dieu. (…) Pendant trop longtemps, ce pays a erré dans l’obscurité." ("Something that is beyond man is happening. America today begins to turn back to God. For too long, this country has wandered in darkness.")
Tel un prêcheur, Glenn Beck a exhorté les Américains à retrouver les valeurs religieuses, familiales et morales ("faith, hope and charity") qui ont, selon lui, fait la gloire et la prospérité des Etats-Unis. Ainsi, son discours était semé, de temps à autre, de revendications politiques, pour des baisses d’impôts, pour de nouvelles aides aux vétérans d’Irak et d’Afghanistan ou pour plus de liberté et moins d’intervention de l’Etat. Puis, l’animateur radio (converti à l’Eglise mormone depuis 10 ans) retournait à sa verve habituelle, affirmant que la solution se trouvait dans "le retour vers Dieu" : "Aujourd’hui est le jour où nous pouvons faire repartir le coeur de l’Amérique. Et cela n’a rien à voir avec la politique mais tout à voir avec Dieu." ("This day is a day that we can start the heart of America again, and it has nothing to do with politics, it has everything to do with God.")
À ses côtés, il avait invité Sarah Palin – qui, forcément auprès de Glenn Beck, est apparue sobre et mesurée: "Je ne suis pas venue ici pour parler de politique mais pour parler de quelque chose de plus important, en tant que mère d'un soldat. (…) C'est une leçon d'humilité que d'être avec vous ici aujourd'hui, les patriotes. Vous qui ne battez jamais en retraite. Nous devons (ensemble) restaurer l’Amérique et restaurer son honneur". ("I’m not here to talk about politics. (…) It is so humbling to get to be here with you today, patriots. You who are motivated and engaged ... and knowing never to retreat. We must restore America and restore her honour.")
Et tandis que Glenn Beck et ses invités d’un jour ont continué à haranguer la foule pendant plus de 3 heures sous la chaleur accablante de Washington, les médias, qui avaient tous dépêché caméras et journalistes sur place, s’interrogeaient quand même sur la signification d’un tel rassemblement.
Car adhérent ou opposant, la date, le format mais aussi l’exact lieu choisi par Glenn Beck ne pouvait pas laisser indifférent. En effet, même si Glenn Beck dit avec dérision qu'il n'avait pas fait le rapprochement et qu'il crie au hasard de calendrier – 47 ans plus tôt, jour pour jour, marche pour marche, Martin Luther King lançait son fameux "I have a dream"…
Une profanation, une provocation, un affront pour de nombreux Américains et mouvements pour les droits civiques… Pour Glenn Beck c’était le moyen de s’inscrire dans la lignée des "grands noms de la liberté" qu’il cite quotidiennement.
Clown ou fou dangereux ? Citoyen mystique ou politique masqué ? Espérons que ce spot et cette journée ne ferons pas date...
Folie ou folklore ?
août 29, 2010 by Anne Sinclair
Filed under Tranches de vie
Samedi, dans les rues de Washington, il y avait les inconditionnels de Glenn Beck, le commentateur le plus polémique de Fox News et l’organisateur de ce "rally citoyen", comme il l’appelle. Il y avait aussi des républicains conservateurs, surtout ultra-conservateurs, des membres du Tea Party, des familles venues exprimer leur déception ou leur mécontentent, arborant des T-shirts aux slogans sans équivoque. ("Rendez-nous l’Amérique", "Défendons nos valeurs" ou le très officiel "Restaurons l’honneur (de l’Amérique)"
Tous avaient répondu à l’appel lancé par ce très populaire Glenn Beck, animateur de son métier, qui, depuis un an, s’est démené pour organiser ce rassemblement, à sa manière et à son image… Il reste que, du côté de ses partisans comme de celui de ses détracteurs, on avait un peu de mal à définir la nature et les enjeux de cette "marche pour restaurer l’Amérique".
Video d'ABC qui résume bien la journée
Mêlant appel historique et populisme, revendications politiques et religieuses, Glenn Beck est arrivé, sur les marches du Lincoln Memorial, les bras levés vers le ciel, drapé de solennel et de ridicule, déclarant devant ses supporters venus en nombre, que "quelque chose qui dépasse l'imagination humaine est en train de se produire. Aujourd'hui, l'Amérique commence à revenir vers Dieu. (…) Pendant trop longtemps, ce pays a erré dans l’obscurité." ("Something that is beyond man is happening. America today begins to turn back to God. For too long, this country has wandered in darkness.")
Tel un prêcheur, Glenn Beck a exhorté les Américains à retrouver les valeurs religieuses, familiales et morales ("faith, hope and charity") qui ont, selon lui, fait la gloire et la prospérité des Etats-Unis. Ainsi, son discours était semé, de temps à autre, de revendications politiques, pour des baisses d’impôts, pour de nouvelles aides aux vétérans d’Irak et d’Afghanistan ou pour plus de liberté et moins d’intervention de l’Etat. Puis, l’animateur radio (converti à l’Eglise mormone depuis 10 ans) retournait à sa verve habituelle, affirmant que la solution se trouvait dans "le retour vers Dieu" : "Aujourd’hui est le jour où nous pouvons faire repartir le coeur de l’Amérique. Et cela n’a rien à voir avec la politique mais tout à voir avec Dieu." ("This day is a day that we can start the heart of America again, and it has nothing to do with politics, it has everything to do with God.")
À ses côtés, il avait invité Sarah Palin – qui, forcément auprès de Glenn Beck, est apparue sobre et mesurée: "Je ne suis pas venue ici pour parler de politique mais pour parler de quelque chose de plus important, en tant que mère d'un soldat. (…) C'est une leçon d'humilité que d'être avec vous ici aujourd'hui, les patriotes. Vous qui ne battez jamais en retraite. Nous devons (ensemble) restaurer l’Amérique et restaurer son honneur". ("I’m not here to talk about politics. (…) It is so humbling to get to be here with you today, patriots. You who are motivated and engaged ... and knowing never to retreat. We must restore America and restore her honour.")
Et tandis que Glenn Beck et ses invités d’un jour ont continué à haranguer la foule pendant plus de 3 heures sous la chaleur accablante de Washington, les médias, qui avaient tous dépêché caméras et journalistes sur place, s’interrogeaient quand même sur la signification d’un tel rassemblement.
Car adhérent ou opposant, la date, le format mais aussi l’exact lieu choisi par Glenn Beck ne pouvait pas laisser indifférent. En effet, même si Glenn Beck dit avec dérision qu'il n'avait pas fait le rapprochement et qu'il crie au hasard de calendrier – 47 ans plus tôt, jour pour jour, marche pour marche, Martin Luther King lançait son fameux "I have a dream"…
Une profanation, une provocation, un affront pour de nombreux Américains et mouvements pour les droits civiques… Pour Glenn Beck c’était le moyen de s’inscrire dans la lignée des "grands noms de la liberté" qu’il cite quotidiennement.
Clown ou fou dangereux ? Citoyen mystique ou politique masqué ? Espérons que ce spot et cette journée ne ferons pas date...
A chacun son King
août 28, 2010 by Corine
Filed under Tranches de vie

“Martin Luther King = dream ; Glenn Beck = nightmare.”
King, c’est le rêve et Beck le cauchemar.
Ils sont une dizaine, du groupe “Celebrate The Dream”, qui perturbent le meeting de Glenn Beck devant le Lincoln Memorial.
Charly Fink, organisateur de la contre-manifestation explique: “We want to show that we are not silent, that we did not stay at home and we want to keep fighting!”
Mission accomplie. A peine dressées au pied du monument, les deux banderoles attirent les huées de la foule : “rentrez à la maison”, “losers”, “jerks” !
On se croirait dans un stade de foot. Exception faite que les deux groupes de supporters se réclament du même club. Militants des droits civiques et des Tea Parties scandent chacun leur tour le même slogan: “USA,USA!”; et revendiquent tous l’héritage de Martin Luther King.
Entre les cortèges le ton est tendu, les mots virulents, mais l’opposition ne dégénère pas. Pas besoin d’une barrière de sécurité. Les deux policiers sur place semblent même s’amuser du débat d’idées …
USA=Free speech.
(Note de Jules Giraudat)

